Stéphane Mallard est entrepreneur, conférencier et auteur du livre Disruption*. Il nous parle de son livre, et de ce qui, selon lui, fait un bon conférencier.

Votre livre Disruption* est classé dans le top 50 de 2018 des livres professionnels dans la catégorie « économie et gestion ». Quel était votre objectif en écrivant ce livre ?

Je voulais clarifier mes idées, les structurer et les affiner. Et surtout je voulais les pousser un peu plus loin que ce que j’avais l’habitude d’expliquer en conférence. J’avais aussi pour intention d’élargir mes sujets et de proposer des solutions pour se préparer à l’avènement du nouveau monde induit par le numérique.

 

Quel a été l’impact de votre livre sur votre activité de conférencier ?

J’étais déjà conférencier avant d’écrire mon livre et j’avais déjà une activité soutenue auprès des entreprises, du grand public et dans des écoles. Je ne peux pas vraiment dire que mon livre ait eu un impact sur la croissance de mon activité. Il n’y a pas eu une explosion de la demande de conférences. J’ai abordé plein de nouveaux thèmes dans mon livre (fin du salariat, innovation, culture startup…) et finalement c’est toujours sur les mêmes sujets que mes clients me sollicitent : la révolution numérique, l’intelligence artificielle et les changements. Or ce sont des sujets que je traitais déjà avant la publication du livre.

 

Que conseillez-vous aux personnes qui veulent utiliser la publication de leur livre professionnel pour devenir conférencier ?

Je ne leur conseille pas d’écrire un livre si leur objectif est uniquement de devenir conférencier. Publier un livre n’est pas une solution magique qui va faire décoller votre demande en conférences. Faire des conférences est un métier à part entière. Il ne suffit pas de raconter à l’oral ce qu’on a écrit dans un livre. En plus du contenu, il faut qu’il y ait une dimension de spectacle, que cela capte l’attention et donne envie. Le livre est un média indirect, la conférence une interface directe avec l’autre. Écrire un livre est une excellente démarche pour structurer et clarifier ses idées, ce qui a une valeur inestimable. Mais publier un livre ne fera pas de vous un bon conférencier.

 

Quelles sont, selon vous, les qualités pour être un bon conférencier ?

Il faut d’abord avoir des choses à dire pour être pertinent. Mais il faut être passionné par ce que l’on raconte au public. Il faut avoir les yeux qui brillent et vibrer par le plaisir à transmettre. Cette passion se partage et génère le même état d’esprit enthousiaste dans le public. Sur scène, les conférenciers sont comme des comédiens dans un théâtre lorsqu’ils vivent leur scène. Je pense que les personnes qui ne parviennent pas à développer leur activité de conférencier sont peut-être passionnées par leur sujet, mais pas par le fait de transmettre. Elles n’adorent pas être sur scène face à un public. Je ne connais aucun conférencier parmi les plus sollicités qui ait mis en place une stratégie pour devenir conférencier. Ils étaient d’abord et avant tout passionnés par leur sujet. Puis ils ont commencé à en parler et sont devenus conférenciers progressivement, mais rien n’était prévu, ni anticipé. Cette activité est plutôt une conséquence de leur envie de transmettre leurs passions.

 

Et vous, qu’est-ce qui vous plaît dans cette activité de conférencier ?

Voir les yeux de gens s’ouvrir en grand en se disant : cela me donne envie de creuser, d’aller plus loin. Je veux que ce soit didactique, agréable, que les gens passent un bon moment et qu’ils aient envie d’aller vers le sujet que je présente. Je veux planter dans leur tête des idées qu’ils n’ont pas l’habitude d’entendre, qui pourraient les transformer et leur donner de nouvelles perspectives.

*Disruption : intelligence artificielle, fin du salariat, humanité augmenté, éditions Dunod, 2018

 

« Publier un livre ne fera pas de vous un bon conférencier »