Contrairement à la majorité des auteurs de livres professionnels, Carine Vinardi est salariée, cadre dirigeante chez General Electric. Alors pourquoi écrit-elle des livres si ce n’est pas pour booster son propre business ? Nous lui avons posé la question.

La plupart des auteurs de livres professionnels sont des indépendants qui publient leur livre pour développer leur activité. Et vous, quel était votre objectif en écrivant vos deux livres ?
Pour moi en tant qu’ingénieure, écrire un livre était un véritable challenge. Je savais que j’avais des talents de conférencière, y compris en anglais, mais je ne savais pas si en écrivant, j’avais un style qui pourrait être pertinent et intéresser les gens. D’autant qu’à l’école j’étais plus une matheuse qu’une littéraire. Mon deuxième challenge s’est révélé au cours de l’écriture de mon premier livre sur le Lean management*. J’ai compris qu’il ne fallait pas écrire pour soi, même si l’écriture est une démarche personnelle. Mon éditrice m’a expliqué qu’il faut à chaque fois se demander ce que le lecteur a envie et besoin de lire. Cette approche est extrêmement enrichissante et m’a beaucoup servi pour le deuxième livre sur les équipes multiculturelles**. J’avais bien les idées en tête et j’ai pu l’écrire beaucoup plus vite en me concentrant sur le fond car j’étais plus à l’aise avec la forme.

Votre deuxième livre s’intéresse aux équipes multiculturelles. Que pensez-vous qu’il apporte à vos lecteurs ?
Ce n’est pas un livre de consultants, d’experts ou encore de chercheurs mais un livre « d’opérationnel » que j’ai écrit en étant moi-même confrontée aux problématiques des équipes multiculturelles. Mon approche n’est pas théorique pour expliquer comment cela fonctionne et quand je présente des expériences vécues par d’autres, je leur donne la parole sans parler à leur place de façon détachée. De mon côté, je suis en contact avec la réalité du terrain et je me retrouve confrontée régulièrement à des difficultés générées par des équipes multiculturelles. Dans mon livre, je parle de mes propres expériences, de celles d’autres personnes de mon réseau que j’ai interviewées et je présente les solutions que nous avons trouvées. Je propose également des trucs et astuces concrets, simples et rapides à mettre en œuvre. Mon livre a donc comme objectif d’aider les personnes qui se trouvent dans la même situation que moi, qu’elles gèrent une équipe ou qu’elles fassent partie d’une équipe multiculturelle.

Quel impact votre livre a-t-il eu sur votre vie professionnelle ?
Tout d’abord, je m’attache à appliquer au quotidien ce que je présente dans mon livre. Je suis également sollicitée pour faire des conférences, mais pas sur ce sujet uniquement. Comme je suis reconnue en France en tant que spécialiste du Lean management, en général j’aborde l’interculturalité par le biais de la performance des entreprises. Mais je ne suis pas consultante, donc la plupart du temps, quand je participe à une conférence, c’est sur mon temps personnel.

Que conseillez-vous aux professionnels qui veulent écrire leur livre ?
Pour leur premier livre, je leur recommande de travailler avec éditeur ou un coach en écriture. Je leur déconseille de le faire seul. Écrire un livre professionnel, cela s’apprend et je ne pense pas que l’on puisse l’apprendre tout seul. On commence à acquérir des automatismes au bout de quelques livres. Moi-même je ne ferai pas mon troisième livre sans le faire relire par un professionnel. Écrire a représenté pour moi un véritable travail d’introspection et d’investigation. Quand on écrit, on est obligé d’avoir les idées extrêmement claires. De plus en plus d’auteurs s’autoéditent, mais selon moi il y a un vrai intérêt à avoir un éditeur car il apporte un regard extérieur critique et pertinent sur le texte.

*Le lean : atouts, impacts et limites, Vuibert, 2013
**Les équipes multiculturelles en entreprise, Maxima, 2016
 
 

« Écrire un livre professionnel, ça s’apprend ! »